Les 12 groupes du Mondial 2026 et le tableau du tournoi

Le 5 décembre 2025, dans la grande salle du Kennedy Center à Washington D.C., un peu après 17 heures heure de la côte Est, Gianni Infantino a annoncé la composition des douze groupes de la Coupe du Monde 2026. J’étais devant mon écran à Lausanne, calepin ouvert, et j’ai noté à la volée chaque tirage de boule. Quand le nom de la Suisse est sorti dans le groupe B, juste après le Canada hôte, j’ai entouré la combinaison au stylo rouge et j’ai compris immédiatement deux choses: d’abord que la Nati avait un tirage parfaitement jouable, ensuite que le format à 12 groupes plutôt que 8 changeait fondamentalement la lecture de la phase de poules. Cette page explique pourquoi.
Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe du Monde, le tournoi compte douze groupes de quatre équipes au lieu des huit groupes habituels. C’est la conséquence directe du passage à 48 sélections qualifiées, qui a obligé la FIFA à inventer une formule mathématique nouvelle pour faire tenir 48 équipes dans une phase de groupes équilibrée. Le résultat est élégant sur le papier mais complexe en pratique, et c’est cette complexité qui mérite d’être démontée ici.
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- Le format en cinq points
- Les douze groupes en bref
- Les groupes de la mort du tirage
- Les groupes les plus ouverts
- Focus: le groupe B de la Nati
- Le tableau du tournoi: qui croise qui
- Les huit meilleurs troisièmes: la règle qui change tout
- Trois questions sur les groupes du Mondial 2026
- Du tirage aux pronostics
Le format en cinq points
Avant de plonger dans les groupes individuels, il faut comprendre la structure générale du tournoi. Cinq points suffisent à en saisir l’essentiel.
Premier point: douze groupes nommés de A à L, chacun composé de quatre équipes, soit 48 équipes au total. Chaque équipe joue trois matchs de phase de groupes, comme dans toutes les éditions précédentes. La phase de groupes produit donc 72 matchs étalés sur 17 jours, du 11 au 27 juin 2026.
Deuxième point: à l’issue des trois matchs de poule, les deux premiers de chaque groupe se qualifient automatiquement pour les seizièmes de finale, ce qui fait 24 équipes. À elles s’ajoutent les huit meilleurs troisièmes, classés selon un barème qui croise points obtenus, différence de buts, buts marqués et fair-play. Le total de 32 équipes qualifiées correspond exactement à l’ancien tableau à élimination directe du format à 32 équipes — sauf que maintenant, c’est seulement le premier tour des phases finales.
Troisième point: la phase à élimination directe se déroule sur cinq tours au lieu de quatre. Seizièmes (28 juin – 3 juillet), huitièmes (4-7 juillet), quarts (9-11 juillet), demi-finales (14-15 juillet), petite finale (18 juillet) et finale (19 juillet). Une équipe qui veut gagner le tournoi doit donc disputer huit matchs au total contre sept dans l’ancien format, ce qui pose un défi physique nouveau.
Quatrième point: la qualification des meilleurs troisièmes change tout. Avec l’ancien format à 32 équipes, terminer troisième de son groupe signifiait l’élimination immédiate. Avec le nouveau format, terminer troisième peut suffire à se qualifier, à condition d’être parmi les huit meilleurs troisièmes des douze groupes. Cela transforme radicalement la stratégie des dernières journées de poule pour les équipes du tier 3 et tier 4.
Cinquième point: les chapeaux du tirage au sort ont été constitués selon le classement FIFA d’octobre 2025, à l’exception des trois pays hôtes (Mexique, Canada, États-Unis) automatiquement placés en tête de série. Le résultat est une répartition globalement équilibrée mais qui concentre les très grosses équipes dans des chapeaux communs, ce qui crée mécaniquement quelques groupes très denses et d’autres plus accessibles.
Les douze groupes en bref
Voici les douze groupes tels qu’ils sont sortis du tirage de Washington, avec pour chacun un commentaire court qui éclaire la dynamique et les enjeux. L’objectif n’est pas de couvrir chaque équipe en détail mais de donner une vue d’ensemble cohérente que vous pourrez compléter avec les pages individuelles dédiées à chaque groupe.
Groupe A: Mexique, Corée du Sud, Afrique du Sud, Tchéquie
Le groupe d’ouverture du tournoi. Le Mexique hôte est largement favori, avec le match d’ouverture chez lui à l’Estadio Azteca le 11 juin contre l’Afrique du Sud. La Corée du Sud, qualifiée régulière depuis quatre Coupes du Monde consécutives, est l’adversaire principal du Mexique pour la première place. La Tchéquie revient au Mondial après une absence depuis 2006, et cherchera à confirmer sa qualification surprise. L’Afrique du Sud joue son retour au Mondial après treize ans d’absence. Pronostic du groupe: Mexique premier, Corée du Sud deuxième.
Groupe B: Canada, Suisse, Qatar, Bosnie-Herzégovine
Le groupe de la Nati, et celui que je connais le mieux. Le Canada hôte joue son deuxième Mondial consécutif après 2022, dopé par la dynamique de l’organisation. La Suisse arrive en deuxième tête de série. La Bosnie-Herzégovine apporte la rugosité physique et l’expérience d’Edin Džeko. Le Qatar dispute son deuxième Mondial après 2022, mais n’est plus le pays hôte et le sera évalué sur ses qualités propres, qui restent en deçà des trois autres équipes du groupe. Pronostic du groupe: Canada ou Suisse premier, l’autre deuxième, Bosnie troisième avec une chance de repêchage, Qatar quatrième.
Groupe C: Brésil, Maroc, Écosse, Haïti
Le groupe du Brésil, mais aussi celui d’un Maroc revanchard après son parcours historique de 2022. L’Écosse revient au Mondial après une absence de 28 ans, ce qui en fait l’événement émotionnel majeur du groupe pour les supporters britanniques. Haïti joue sa toute première Coupe du Monde depuis 1974. Le pronostic est limpide pour la première place (Brésil) mais ouvert pour la deuxième: Maroc et Écosse sont théoriquement à égalité de niveau, avec un léger avantage tactique au Maroc.
Groupe D: États-Unis, Paraguay, Australie, Turquie
Le groupe des États-Unis hôtes, qui ouvrent leur tournoi à la maison avec un avantage psychologique mesurable. Le Paraguay revient au Mondial après une longue absence, l’Australie dispute son sixième Mondial consécutif et joue toujours avec une intensité physique remarquable, la Turquie revient après seize ans d’absence et apporte un effectif technique de premier plan. C’est probablement le groupe le plus équilibré du tournoi en dehors des États-Unis: la lutte pour la deuxième place sera ouverte jusqu’à la dernière journée.
Groupe E: Allemagne, Côte d’Ivoire, Équateur, Curaçao
L’Allemagne s’est offert le tirage le plus clément possible. La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique 2024, est l’unique adversaire sérieux. L’Équateur amène son organisation défensive et son style de transition rapide. Curaçao dispute sa toute première Coupe du Monde dans l’histoire d’un État indépendant aux Caraïbes néerlandaises. Pronostic du groupe: Allemagne large favori pour la première place, Côte d’Ivoire pour la deuxième, Équateur en lutte pour la troisième repêchable.
Groupe F: Pays-Bas, Japon, Tunisie, Suède
L’un des groupes les plus difficiles du tournoi. Les Pays-Bas restent favoris mais le Japon et la Suède sont tout sauf des outsiders: les deux pays sont capables de battre n’importe quelle équipe européenne sur un match. La Tunisie joue les trouble-fête avec son organisation collective et son public de la diaspora qui sera massivement présent dans les stades américains. C’est ce que j’appelle un groupe d’usure: aucun match ne sera facile.
Groupe G: Belgique, Iran, Nouvelle-Zélande, Égypte
La Belgique gère un groupe plutôt favorable, avec l’Iran comme principal concurrent et l’Égypte de Mohamed Salah comme outsider technique. La Nouvelle-Zélande revient pour son deuxième Mondial après 2010 et apporte sa formation physique typique de l’école océanienne. Pronostic: Belgique premier, Iran ou Égypte deuxième, l’autre en lutte pour la troisième place repêchable.
Groupe H: Espagne, Uruguay, Arabie Saoudite, Cabo Verde
Un tirage que l’on pourrait croire favorable à l’Espagne, mais qui cache un sérieux piège sous la forme de l’Uruguay de Marcelo Bielsa. La Celeste, quatrième de la qualification CONMEBOL avec 28 points, arrive en Amérique du Nord avec un effectif en transition post-Suárez-Cavani mais porté par Darwin Núñez, Federico Valverde et Ronald Araújo. L’Arabie saoudite, gonflée par son investissement massif dans le football, cherchera à reproduire son exploit de 2022 contre l’Argentine. Cabo Verde dispute sa première Coupe du Monde et visera la troisième place repêchable.
Groupe I: France, Norvège, Sénégal, Irak
Le groupe de la France, avec le retour très attendu de la Norvège d’Erling Haaland après 28 ans d’absence. Le Sénégal est la nation africaine phare du groupe, champion d’Afrique en titre après son sacre à la CAN 2025 et porté par une génération solide autour de Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et Pape Matar Sarr. L’Irak revient au Mondial après son unique participation de 1986 et apporte un récit géopolitique fort. C’est l’un des groupes les plus narrativement riches du tournoi, avec un duel France-Norvège en clôture qui pourrait peser sur le classement final.
Groupe J: Argentine, Algérie, Autriche, sélection en attente
Le groupe de l’Argentine tenante du titre. L’Algérie revient après douze ans d’absence avec une nouvelle génération autour d’Ismaël Bennacer et Riyad Mahrez en fin de carrière. L’Autriche, qualifiée régulière depuis 2016, présente sous David Alaba un collectif technique et discipliné. La quatrième équipe a été déterminée par les barrages intercontinentaux de mars 2026. Pronostic: Argentine large favori, Autriche probable deuxième, lutte ouverte pour la troisième.
Groupe K: Colombie, Ouzbékistan, Portugal, RD Congo
Le groupe du Portugal, plus piégeux qu’il n’y paraît. La Colombie est une équipe sud-américaine de premier plan, qualifiée brillamment via l’éliminatoire CONMEBOL. La RD Congo revient au Mondial après plus de 50 ans d’absence et apporte une intensité physique unique. L’Ouzbékistan dispute sa toute première Coupe du Monde, ce qui est un événement historique pour le football d’Asie centrale. Le Portugal est favori mais devra travailler.
Groupe L: Angleterre, Ghana, Croatie, Panama
Le groupe le plus dur du tournoi sur le papier. Angleterre et Croatie dans le même groupe, c’est le tirage que tous les bookmakers redoutaient pour la phase de groupes parce qu’il oblige une grande équipe européenne à terminer derrière l’autre. Le Ghana revient en force avec une nouvelle génération talentueuse, et Panama est qualifié pour son deuxième Mondial après 2018. Mon pronostic: Angleterre première à l’arraché, Croatie deuxième, Ghana en lutte pour la troisième place repêchable. C’est le groupe que je surveillerai en priorité pour les value bets.
Les groupes de la mort du tirage
Dans le jargon footballistique, un « groupe de la mort » désigne une poule qui réunit plusieurs grandes nations susceptibles de s’éliminer mutuellement avant d’avoir atteint leur niveau réel dans le tournoi. C’est une expression née dans les années 1970 et qui revient à chaque grand tournoi international, parfois à juste titre, parfois par excès médiatique. Pour 2026, deux groupes méritent objectivement cette étiquette.
Le premier est sans contestation possible le groupe L: Angleterre, Ghana, Croatie, Panama. La présence simultanée de l’Angleterre (favori du tier 1) et de la Croatie (challenger du tier 2 avec un palmarès récent en demi-finale et finale) garantit qu’une grande nation européenne sortira blessée de ce groupe, voire ne sortira pas du tout. Le Ghana, vice-champion d’Afrique 2025, n’est pas un faire-valoir: il a battu la Tunisie en finale continentale et présente un effectif technique solide. Panama complète le tableau avec son rôle traditionnel de défenseur âpre et discipliné. C’est sans débat le groupe le plus difficile du tournoi.
Le deuxième groupe de la mort est le groupe F: Pays-Bas, Japon, Tunisie, Suède. Les Pays-Bas ne sont pas du même calibre que l’Angleterre, mais le Japon et la Suède sont à un niveau de tier 3 supérieur de toutes les autres équipes outsiders du tournoi. Le Japon a battu l’Allemagne et l’Espagne en 2022. La Suède a éliminé l’Italie deux fois en barrages avant 2018. La Tunisie a battu la France en 2022. Aucune équipe de ce groupe ne peut être considérée comme un faire-valoir, et la lutte pour les deux premières places sera ouverte jusqu’à la dernière minute de la dernière journée.
Trois autres groupes méritent une mention honorable mais ne remplissent pas tous les critères du groupe de la mort: le groupe I (France-Norvège-Sénégal est dur, mais l’Irak équilibre vers le bas), le groupe D (équilibre États-Unis-Paraguay-Australie-Turquie sans favori écrasant), et le groupe B (Canada, Suisse, Bosnie sont trois équipes sérieuses, mais le Qatar tire le niveau collectif vers le bas).

Les groupes les plus ouverts
À l’opposé du groupe de la mort, certaines poules présentent un favori largement détaché et trois adversaires d’un niveau homogène inférieur. Ces groupes sont appelés « ouverts » parce que la lutte pour la deuxième place y est totalement indécise, malgré une première place quasiment garantie pour le favori.
Le groupe E (Allemagne, Côte d’Ivoire, Équateur, Curaçao) est l’exemple parfait. L’Allemagne est largement favorite pour la première place, mais derrière elle, Côte d’Ivoire et Équateur sont à un niveau strictement comparable, et la Côte d’Ivoire pourrait surprendre au point de prendre la première place dans un scénario d’erreur allemande. C’est le type de groupe où je conseille de ne pas parier sur la première place et de se concentrer sur la qualification globale d’une équipe spécifique.
Le groupe H (Espagne, Uruguay, Arabie saoudite, Cabo Verde) est moins déséquilibré qu’il n’y paraît: l’Espagne est ultra-favorite pour la première place à des cotes autour de 1.18, mais la présence de l’Uruguay de Bielsa crée un vrai duel pour la qualification. La lutte pour la deuxième place entre l’Uruguay et l’Arabie saoudite offre des cotes intéressantes pour qui sait lire au-delà du statut de favori.
Le groupe A (Mexique, Corée du Sud, Afrique du Sud, Tchéquie) est dans une logique similaire: Mexique hôte largement favori, et trois adversaires de niveau homogène derrière, ce qui crée une lutte ouverte pour la deuxième place. La Corée du Sud part avec une légère avance sur la Tchéquie et l’Afrique du Sud, mais rien n’est joué d’avance.
Focus: le groupe B de la Nati
J’ai gardé le groupe le plus important de cette page pour la fin. Le groupe B est celui de la Suisse, et c’est aussi celui qui mérite l’analyse la plus détaillée pour les lecteurs romands. Quatre équipes, six matchs, trois adversaires aux profils complètement différents pour la Nati.
Le Canada hôte ouvre la liste. Co-organisateur du tournoi avec le Mexique et les États-Unis, le Canada dispute son deuxième Mondial consécutif après celui de 2022 au Qatar, où il avait été éliminé en phase de groupes sans gagner de match. La dynamique a changé depuis: la sélection canadienne a gagné en maturité, joue avec l’avantage du terrain (avec un match clé à Vancouver contre la Suisse), et bénéficie d’un effectif emmené par Alphonso Davies en défense et Jonathan David en attaque. C’est le favori probable du groupe selon les bookmakers, devant la Nati de quelques décimales.
La Suisse arrive en deuxième tête de série, avec un statut d’équipe solide capable de jouer la première place dans un bon scénario. Murat Yakin reste le sélectionneur, et l’effectif s’appuie sur la même colonne vertébrale que l’Euro 2024: Yann Sommer dans les buts, Manuel Akanji et Nico Schär en défense centrale, Granit Xhaka comme métronome au milieu, Breel Embolo et Ruben Vargas en attaque. La grande différence par rapport à l’Euro est l’absence de Xherdan Shaqiri, retraité international depuis juillet 2024, ce qui oblige Yakin à redistribuer la charge créative entre Fabian Rieder, Dan Ndoye et la nouvelle génération offensive emmenée par Zeki Amdouni.
Le style de la Nati est désormais bien identifié: bloc médian compact, pressing déclenché à bon escient, sortie de balle par Xhaka et verticalité quand l’occasion se présente. C’est un football de récupérateur plus que de dominateur, taillé pour encaisser peu et marquer juste assez. Face au Canada, ce profil pose un vrai défi parce que les Canadiens aiment les espaces en profondeur, exactement le terrain sur lequel la Nati se refuse à s’exposer. Face à la Bosnie, le duel physique sera rude mais la Suisse a l’avantage technique. Face au Qatar, la supériorité collective devrait suffire sans forcer.
La Bosnie-Herzégovine est le danger principal pour la Nati. Edin Džeko, à 40 ans, sera l’une des stars vétérans du Mondial et reste capable d’inscrire un but décisif sur n’importe quel match. Autour de lui, l’équipe s’est rajeunie avec quelques pépites issues des championnats de Bundesliga et de Serie A. La Bosnie joue physique, défend bas, frappe en transition. C’est exactement le profil d’adversaire qui pose problème à la Suisse historiquement.
Le Qatar ferme le groupe et est l’adversaire le plus accessible pour la Nati. Champion d’Asie 2019 et 2023, le Qatar a perdu son aura d’équipe organisatrice et se présente cette fois comme un outsider asiatique standard. L’effectif est intéressant techniquement mais manque d’expérience contre des sélections européennes dans des matchs à enjeu majeur. Pour la Suisse, le match d’ouverture du 13 juin contre le Qatar est le moment crucial pour démarrer le tournoi avec trois points et un état d’esprit positif.
Mon scénario probable: le Canada finit premier avec sept à neuf points (deux victoires plus un nul, ou trois victoires si la dynamique de l’organisateur est forte), la Suisse finit deuxième avec six à sept points, la Bosnie troisième avec quatre à six points et une chance réelle de qualification via la troisième place repêchable, le Qatar quatrième avec zéro à trois points. Pour les analyses chiffrées et les cotes détaillées, je renvoie à la page complète sur le groupe B.
Un dernier point pour les parieurs romands: les cotes sur le vainqueur du groupe B varient sensiblement d’un opérateur à l’autre, avec le Canada entre 2.00 et 2.30 et la Suisse entre 2.20 et 2.45 selon la source consultée. Ces écarts sont significatifs à l’échelle d’une mise réelle, et ils traduisent une vraie incertitude du marché sur l’ordre final du groupe. Pour qui croit à la Nati comme première du groupe B, c’est le moment de verrouiller sa cote plutôt que d’attendre les derniers jours avant le match d’ouverture, parce que les volumes de mises placés à mesure que juin approche tendent à resserrer l’écart en faveur du favori perçu par la majorité.
Le tableau du tournoi: qui croise qui
Une fois les groupes terminés, le tableau à élimination directe entre en jeu. Et c’est là que la nouvelle formule à 12 groupes complique la lecture par rapport aux éditions précédentes. Avec 8 groupes, le tableau était simple: 1A contre 2B, 1C contre 2D, et ainsi de suite. Avec 12 groupes et 32 qualifiés (24 directs plus 8 troisièmes), le tableau introduit une dimension de classement qui rend les croisements moins prévisibles.
Voici comment se construit le tableau des seizièmes de finale 2026. Les 24 équipes qualifiées directement (premiers et deuxièmes des 12 groupes) sont placées dans des positions fixes du tableau, déterminées par leur groupe d’origine. Les 8 meilleurs troisièmes sont ensuite répartis dans les positions restantes selon une grille publiée par la FIFA en 2023, qui croise la position du troisième dans son groupe avec la position correspondante dans le tableau global.
La conséquence pratique de ce système est qu’on ne sait pas, avant la fin de la dernière journée de poule, qui jouera contre qui en seizième de finale. Un premier de groupe peut tomber sur un deuxième d’un autre groupe, ou sur un troisième repêché, selon le classement global des troisièmes. Pour les pronostiqueurs, c’est un cauchemar parce que les paris à long terme sur les confrontations de phase finale sont quasiment impossibles à modéliser avant la mi-tournoi.
L’avantage théorique va aux premiers de groupe, qui croisent en principe des adversaires plus faibles (deuxièmes ou troisièmes). Mais avec 8 troisièmes repêchés, et compte tenu de la grande dispersion des niveaux dans les groupes, il arrive régulièrement qu’un premier de groupe tombe sur un troisième venu d’un groupe relevé, ce qui peut être plus difficile que de tomber sur un deuxième venu d’un groupe faible. Cette inversion de logique est l’une des grandes nouveautés stratégiques de la formule à 48 équipes.
Pour les huitièmes de finale et au-delà, la mécanique redevient classique: tableau fixe, vainqueur du seizième A contre vainqueur du seizième B, etc. La FIFA a publié l’arborescence complète, qui place théoriquement les deux têtes de série du tournoi (les deux premières équipes des chapeaux 1) dans des moitiés opposées du tableau, ce qui maximise la probabilité d’une finale entre les deux meilleurs.
Les huit meilleurs troisièmes: la règle qui change tout
C’est probablement la nouveauté la plus impactante du format 2026. Auparavant, terminer troisième d’un groupe signifiait l’élimination immédiate. Maintenant, ça peut suffire à passer au tour suivant.
Le système fonctionne ainsi. À la fin de la phase de groupes, on prend les 12 troisièmes des 12 groupes et on les classe selon une hiérarchie qui croise quatre critères dans cet ordre: nombre de points obtenus, différence de buts, nombre de buts marqués, et fair-play (cartons reçus). Les 8 meilleurs sont qualifiés pour les seizièmes ; les 4 derniers sont éliminés et rentrent à la maison.
Statistiquement, sur la base des Coupes d’Europe à 24 équipes qui utilisent un système identique depuis 2016, terminer troisième avec quatre points (une victoire plus un nul) suffit presque toujours à se qualifier. Avec trois points (une victoire et deux défaites, ou trois nuls), la qualification est jouable mais incertaine. Avec deux points (deux nuls et une défaite), c’est très improbable. Avec moins de deux points, c’est exclu sauf scénario extrême.
Pour les équipes du tier 3 et tier 4 du tournoi, ce système change tout. Une équipe comme la Tunisie, le Ghana ou l’Iran, qui dans l’ancien format aurait visé une qualification miraculeuse parmi les deux premiers de son groupe, peut désormais raisonnablement viser une troisième place avec quatre points et passer au tour suivant. Cela transforme la stratégie de la dernière journée de poule: un nul peut suffire, et inutile de prendre des risques offensifs si la position de troisième est déjà acquise.
Pour les pronostiqueurs, c’est aussi une opportunité de marché. Les paris sur « qualification au tour suivant » pour des équipes outsiders du tier 3 sont historiquement sous-cotés par les bookmakers, qui appliquent des modèles hérités du format à 32 équipes sans toujours intégrer correctement la nouvelle règle des troisièmes. Si vous voulez une value bet de phase de groupes, c’est par là qu’il faut chercher.
Trois questions sur les groupes du Mondial 2026
Les questions qui reviennent le plus souvent dans les e-mails des lecteurs au sujet du format en groupes.
Combien d’équipes sortent de chaque groupe au Mondial 2026 ?
Les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés directement pour les seizièmes de finale, soit 24 équipes au total sur les 48 participantes. À ces 24 qualifiés directs s’ajoutent les 8 meilleurs troisièmes, déterminés selon un classement global qui croise points, différence de buts et buts marqués. Cela porte le total des qualifiés pour les seizièmes à 32 équipes, identique au tableau classique d’une Coupe du Monde à 32 participants.
Comment fonctionne le repêchage des meilleurs troisièmes ?
À l’issue des trois matchs de poule, les 12 troisièmes de groupe sont classés selon un barème global. Premier critère: le nombre de points. Deuxième critère en cas d’égalité: la différence de buts. Troisième critère: le nombre de buts marqués. Quatrième critère: le fair-play (moins de cartons reçus). Les 8 premiers de ce classement sont repêchés, les 4 derniers sont éliminés. Statistiquement, terminer troisième avec quatre points suffit presque toujours à se qualifier.
Quel est le groupe de la mort du Mondial 2026 ?
Le titre revient au groupe L: Angleterre, Ghana, Croatie, Panama. Avec deux très grandes nations européennes (Angleterre du tier 1, Croatie du tier 2 capable d’aller en demi-finale comme en 2018 et 2022), un Ghana vice-champion d’Afrique 2025 et un Panama défensif et discipliné, c’est sans débat le groupe le plus difficile du tournoi. Une grande nation européenne sortira blessée de cette poule, voire ne sortira pas du tout.
Du tirage aux pronostics
Les douze groupes du Mondial 2026 sont fixés depuis décembre 2025, et leur lecture est désormais stable. Ce qui change à mesure que le tournoi approche, c’est la dynamique de chaque équipe individuellement, les blessures, les choix de sélectionneurs et les annonces des groupes finaux fin mai 2026. Pour la Nati, l’évolution du groupe B mérite une attention quotidienne à mesure que les confrontations précises prennent forme. Une chose est certaine: avec 12 groupes et 8 troisièmes repêchés, la phase de groupes du Mondial 2026 sera la plus stratégique et la plus narrative de toute l’histoire de la Coupe du Monde. Aucun match ne sera anodin, et aucune équipe ne pourra se permettre de viser autre chose que la qualification dès le coup d’envoi du 11 juin à Mexico.
Créé par la rédaction de « COTE HELVÈTE ».
